Mais pourquoi mon sophrologue veut- il que je me tripote ?

Non, a priori les sophrologues ne sont pas des pervers. Par contre, ils ont une irrésistible envie de vous faire prendre conscience de votre SCHEMA CORPOREL.

Le schéma corporel, c’est la conscience que nous avons de notre corps et sa façon de l’exprimer dans notre existence : notre corporalité.
Car il y a parfois un monde entre le corps que nous avons et le corps que nous pensons avoir. Et la première action du sophrologue est de réconcilier, faire converger le fantasme et la réalité : car contrairement aux idées reçues, la réalité est très souvent meilleure que ce que l’on croit. Et notre corps est le meilleur outil pour expérimenter ce phénomène !

Voilà pourquoi, lors de certains exercices, votre sophrologue vous invitera, avec sa voix d’hôtesse de l’air lubrique, à toucher les différentes parties de votre corps avec vos doigts, « comme si c’était la première fois et comme si vous vouliez faire de mémoire une sculpture de votre corps ». C’est l’équivalent d’un relevé topographique par satellite de votre géographie personnelle : à chaque pratique, une nouvelle carte d’état-major de votre peau, cette frontière qui vous limite et vous protège, cette surface de frottement entre vous et le monde extérieur, ce champ de bataille du quotidien entre votre volonté et le principe de réalité…
Essayez donc : vous constaterez que vous êtes bien moins maladroit après ! (Vous bougez mieux après votre douche qu’avant, non ? C’est le même principe !)

Les capacités de la conscience musclées par ce type d’exercices permettent :

  • aux enfants et ados -ou toute personne « mal dans sa peau »- de retrouver leurs repères (après une poussée de croissance, l’esprit est un peu lent parfois à intégrer que les bras font 10 cm de plus que le mois dernier!)
  • aux grosses dondons autrefois sveltes de réintégrer leur masse grasse comme composante de leur corps et du coup, de commencer enfin à maigrir (tant que vous n’avez pas conscience que votre corps est « gros », vous n’avez aucune raison valable de perdre du poids),
  • aux femmes ayant subi une ablation mammaire de continuer à se considérer comme « intégralement féminine » (les hanches, les filles, c’est encore mieux que les cheveux ou les seins !)
  • etc, etc…

C’est pourquoi les sophrologues vous inviteront toujours gaiment à vous tripoter (et ce, de partout !).

Un sophrologue n’est pas censé vous tripoter lui-même et encore moins à l’insu de votre plein gré.
Si votre sophrologue vous tripote :

  1. vérifiez que vous n’êtes pas chez un masseur-kinésithérapeute (ça évitera pas mal de paperasse) et appréciez sereinement votre séance ;
  2. si le sophrologue n’est ni votre conjoint, ni votre rencard glauque issu d’un site de rencontres, alors :
      • criez et défendez-vous !
      • fuyez pour aller porter plainte au commissariat le plus proche (ok, beaucoup de paperasses en vue, mais votre honneur et celle de la sophrologie sont en jeu!)

Je dois vous avouer que j’ai contrevenu à cette règle déontologique plusieurs fois selon la règle de l’ADAPTABILITE* :

  • Pour un petit client de 4 ans qui ne savait pas nommer les différentes parties de son corps. J’ai utilisé la baguette magique de la fée Clochette (que j’ai subtilisé à ma fille) pour toucher chaque partie du corps de l’enfant quand je les nommais : apprentissage éclair de l’anatomie par les chatouilles !
  • Pour une jeune femme qui n’arrivait pas à se concentrer sur ses sensations, je lui ai laissé mon poignet à agripper à chaque fois qu’elle éprouvait le besoin de se « raccrocher » à quelque chose de concret (et ceux qui me connaissent savent combien je suis massivement concrète ! )
  • Pour un homme, submergé par une profonde tristesse, à qui j’ai posé la main sur l’épaule -parce que j’ai senti que je DEVAIS le faire- pendant une visualisation. Il me dira que cette sensation de soutien était exactement ce dont il avait besoin pour surmonter l’épreuve imaginée face à laquelle il de sentait impuissant et désemparé…

*NB : l’adaptabilité est un concept clé en sophrologie. A grosse maille : on essaie de faire « comme il se doit ». Mais dans la réalité, « on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a » !

Comme je suis une sophrologue iconoclaste (à défaut d’être une icône classe de la sophrologie), j’incite personellement mes clients à se taper dessus (si,si !).

Mais c’est une autre histoire.
Et je vous propose de vous la raconter dans mon prochain post….

D’ici-là, vous savez ce qui vous reste à faire : tripotez-vous ! Et prenez soin de vous.

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Une réflexion sur “Mais pourquoi mon sophrologue veut- il que je me tripote ?

  1. Chère Pilar,
    un bon titre pour faire le buzz!
    Mais, un danger pour la sophro si l’on ne lit pas ton article ….
    Alors, j’encourage tout le monde à le lire jusqu’au bout. Un des mystères de la sophrologie y est dévoilé avec dynamisme et vocabulaire punchy et, la déontologie est respectée.
    Bravo
    Nicole

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