Gérer son stress après les attentats

Peace_for_Paris.svgJe hais les terroristes.

Alors que je faisais ma belle endormie en vacant à mon business as usual (les princes charmants ont aussi besoin de coaching !), me voilà sortie de ma torpeur au bruit des Ka-lâches-nikov.

La sidération passée, sous ma colère mon chagrin sans fin…

Je me souviens quand Christophe B., mon 2ème papa spirituel après Pierre K., m’engueulait parce que « Pilar, tu confonds empathie et sympathie ! On en te demande pas de pleurer avec le client, mais juste de le comprendre pour pouvoir l’aider ».  Depuis, on a découvert les neurones-miroirs et j’ai pu personnellement expérimenter que pleurer avec le client -parfois même à la place du client- ben, ça l’aide vachement !

Je pleure sur les victimes qui ne demandaient rien qu’à passer un bon moment au restaurant, au concert, … à goûter et expérimenter la vie dans ses formes les plus agréables. Leur mort est inacceptable.
Je pleure sur les assassins et je me demande comment une âme peut s’abîmer à ce point pour qu’elle ne respecte même plus le tabou universel de ne pas tuer son prochain. Leur geste est inacceptable.

Et pourtant, il faut continuer à vivre. Expliquer à nos enfants l’inexplicable. Les laisser aller à l’école et grandir dans un monde où la barbarie semble prendre une putain de part de marché.

Quelques idées de ce que j’ai dit à mon client, ce matin, qui ne sait pas quoi dire à ses enfants justement, ni quoi faire pour gérer son stress qui frôle la phobie et qui ne lui permet que de venir à mon cabinet, à 2 pas de chez lui, parce qu’il n’est pas prêt de prendre le métro de si tôt et qu’il peut travailler depuis chez lui.

  1. Eviter l’overdose d’actualités.
    Lire le journal au lieu de regarder la télé, faite pour impressionner.
    Mais ne pas occulter la réalité. Le niveau de stress dans nos foyer a explosé. Pas la peine de prendre nos enfants pour des cons (même s’ils le sont parfois).
    .
  2. Ne pas cacher ses sentiments.
    Pleurez, criez, mettez vous en colère. Embrassez vous forts les uns les autres et dites qu’on a de la chance de ne pas avoir été au mauvais endroit et au mauvais moment. Dites des conneries (« je vais voter FN ! », « on va leur foutre des bombes plein la gueule ! »…) N’ayez pas peur d’être ridicule ou maladroit : vous rattraperez le coup plus tard. Ne pas interdire d’en parler à table ou de faire comme si de rien n’était.
    Vous au moins, vous êtes HUMAINS.
    .
  3. Donner à ses enfants les consignes de sécurité nécessaires
    … à votre tranquillité. Ca ne va pas changer grand chose pour eux d’avoir un téléphone portable 24/7 ou de devoir rentrer dare-dare à la maison après l’école et vous passer un coup de fil depuis le téléphone fixe. Pour vous, oui.
    … à leur sécurité. Si ça se reproduit et qu’ils y sont « en vrai » : ne pas jouer les héros, se cacher, fuir, sauver sa peau quoi qu’il arrive. Stress + sang-froid + chance, ça peut faire des merveilles parfois.
    .
  4. Dire au gens qu’on aime qu’on les aime.
    C’est dingue comme on a échangé des sms, des whatsapp, des mails et des coups de fils dernièrement. Juste pour vérifier que notre tribu, la proche et la moins proche, était au complet.
    Malheureusement, entendre que le petit frère de son meilleur ami était au Bataclan et n’en est pas réchappé. Il a toujours eu des goûts de chiotte en matière de musique. Qu’ils étaient fâchés et qu’ils ne s’étaient pas parlés depuis 1 an. Re-pleurer
    Jacadi Gandhi a dit : « Apprends comme si tu allais vivre mille ans, vis comme si tu allais mourir ce soir »
    On ne dit jamais assez « je t’aime », on n’a jamais vu personne faire une overdose de preuves d’amour.
    Faites vous plaisir et lâchez-vous. On ne sait jamais : on a statistiquement beaucoup plus de chances de croiser un chauffard qu’un terroriste…et ils sont tout aussi dangereux et abrutis.
    N’oubliez pas vos amis, vos voisins, vos commerçants préférés : on vit avec eux tous les jours et même si on s’apprécie, ça fait du bien de se l’entendre dire. Le vrai lien social, quoi…
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  5. Prévoir sa mort
    C’est bizarrement la meilleure gestion du stress possible : avoir sa vie « en ordre ».
    Savoir qu’on ne va pas laisser les gens qu’on aime avec une montagne de merdes à gérer en plus de la difficulté incommensurable de faire un deuil injuste. Oui, le week-end prochain, préparez-vous à ranger vos papiers et à organiser vos funérailles. Ne laissez pas à tonton Roger le soin de rédiger votre épitaphe ou de choisir la musique à votre enterrement (d’ailleurs, il a des goûts de chiotte, lui aussi).
    .

Voilà pour aujourd’hui, mes lapins d’amour que j’aime de tout mon grand coeur de kick-ass coach. Parce que si je devais ne plus jamais écrire sur ce blog, je m’en voudrais que tu ne saches pas, lecteur adoré, l’infinie tendresse que j’ai pour toi.

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2 réflexions sur “Gérer son stress après les attentats

  1. Merci Pilar pour tes mots…..qui vont droit au but, droit au cœur, parés d’humour-toujours
    Prends soin de toi également et merci de prendre soin de nous par ton empathie sympathique…
    Stéphanie Renaudin

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